• DINAN

    Dinan est une commune française, sous-préfecture située dans le département des Côtes-d'Armor et la région Bretagne. C'est une ville du Poudouvre, en Haute-Bretagne.

    La ville de Dinan est fortifiée par une ceinture de remparts et était défendue par un imposant château. Point stratégique pour la circulation entre laNormandie et la côte nord de Bretagne, Dinan est construite principalement sur une colline. La cité domine de 75 m la Rance qui coule vers le nord pour se jeter dans la Manche entre Saint-Malo et Dinard. Dinan proposa longtemps le pont le plus au nord pour traverser la Rance et son large estuaire.

    L'origine du nom de Dinan remonte à la nuit des temps... On peut penser que ce nom provient de la contraction de deux mots celtes «Dunos» et «Ahna» : Dinan serait alors la colline d'Ahna, la protectrice des vivants et la gardienne des morts, Déesse très honorée dans toute l'Armorique.

    On retrouve le nom d'Anne à chaque entrée de la ville : quartier Sainte-Anne, rue Anne, le Saut-à-l'Ane..., et l'on comprend aussi pourquoi on retrouve en Bretagne et même en France d'autres lieux portant ce nom de Dinan, ou seulement la racine «din» ou «dun», comme Dinard, Loudun, Lugdunum...

    Au IXe siècle, des moines décident de s'installer au pied d'une colline au bord de la Rance, le long d'une ancienne voie romaine et proche d'un ancien «castrum». A la même époque, sur une colline plus en aval, d'autres seigneurs dressent une forteresse de boispour protéger des saxons, puis des normands, un autre bourg au point de croisement de la voie navigable Nord-Sud (la Rance) et de la voie terrestre Est-Ouest (la nouvelle route Caen-Brest).

    Dès le XIe siècle, un prieuré bénédictin s'y crée et la bourgade se développe : Dinan est née.

    Au XIIe siècle, Idrisi, géographe arabe de la cour du Roi normand Roger II de Sicile, nous apprend que la cité, centre d'un important négoce, est entourée de murs construits sans doute après le passage des guerriers de Guillaume de Normandie et qui incendièrent les clôtures de bois de la Motte Castrale (1065). Cet épisode nous est conté par la célèbre «Broderie de Bayeux». Les croisades mobilisèrent les seigneurs de Dinan et l'un d'eux, Rivallon le Roux, guerroyant en Palestine, fait voeu au milieu d'un grand danger de construire une église à Dinan s'il revient sauf au pays.

    Vers 1120 commence la construction de l'église romane dédiée auSaint Sauveur.

    En 1283, sous Jean Ier, Dinan devient ville ducale et construit ses premiers remparts sur le plateau. Les ducs de Bretagne perfectionneront sans cesse les fortifications (3 km) pour finalement l'adapter à l'emploi des canons.

    Au XIVe siècle, pendant les 23 années de la guerre de Succession de Bretagne (1341-1364), Dinan et ses remparts prouveront leur valeur eten 1357la ville défendue par les troupes de Bertrand Duguesclin,résistera à l'armée anglaise.

    C'est au cours de ce siège que Duguesclin battra en combat singulier Thomas de Cantorbery sur l'actuelle place du Champ-Clos. Sa victoire réalisait la prédiction de Thiphaine Raguenel qui sera l'épouse du futur connétable de France. Le transept nord de l'église Saint-Sauveur de Dinan conserve son coeur.

    En 1364, après plusieurs assauts, le comte de Monfort (Jean IV) se fait ouvrir les portes de la ville. Plus tard, il fit construire le donjon composé de deux tours rondes jumelées et coiffées d'une couronne de machicoulis.

    En 1488, le duc François II est battu à Saint-Aubin-du-Cormier, les troupes françaises occupent Dinan.

    La Bretagne, par les mariages successifs de sa Duchesse Anne avec le roi de France Charles VIII en 1491 et le roi Louis XII en 1499, puis par la signature de «l'Acte d'Union» en 1532, scellera définitivement son sort à celui de la France.

    Pour Dinan continue alors une période de prospérité commencée en 1364 (fin de la guerre de Succession). Une nouvelle église, dédiée à saint-Malo, commence à s'élever intra-muros en 1490. Le port est très fréquenté ; artisans et commerçants s'installent dans le dédale des ruelles où s'alignent en un élégant désordre les maisons à pans de bois en encorbellement ou à piliers.